Retraite des artistes et intermittents : un régime à part, comment ça fonctionne ? / iStock.com - dubassy
Un statut de salarié mais avec une activité discontinue
Les artistes et techniciens du spectacle sont juridiquement considérés comme des salariés. Toutefois, leur activité repose sur un type de contrat spécifique : le contrat à durée déterminée d’usage (CDDU). Ce contrat est largement utilisé dans le secteur culturel, où les missions sont souvent ponctuelles. Ce fonctionnement entraîne une succession de périodes travaillées et de périodes d’inactivité, parfois indemnisées par l’assurance chômage. Cette particularité explique pourquoi les intermittents bénéficient d’un système de retraite adapté à leur carrière. Leur pension repose en réalité sur deux piliers : la retraite de base du régime général de la Sécurité sociale et la retraite complémentaire du régime Agirc-Arrco, gérée par la caisse Audiens.
Une retraite de base calculée comme pour les autres salariés
Malgré leur statut spécifique, les intermittents du spectacle relèvent du même régime de retraite de base que la plupart des salariés. Leur pension est calculée à partir de la moyenne des 25 meilleures années de salaire. Lorsque la durée d’assurance requise est atteinte, le taux plein est fixé à 50 %. Pour obtenir ce taux plein, il faut valider un certain nombre de trimestres, généralement entre 167 et 172 selon l’année de naissance. L’âge légal de départ se situe autour de 62 à 63 ans selon les générations, mais il est aussi possible d’obtenir automatiquement le taux plein entre 65 et 67 ans, même si tous les trimestres ne sont pas validés. La validation des trimestres repose sur les revenus perçus au cours de l’année et non sur le nombre de jours travaillés. En 2026, il faut 1 803 euros de revenus bruts pour valider un trimestre, et 7 212 euros pour en valider quatre sur une année. Certaines périodes assimilées, comme la maladie, la maternité ou le service national, peuvent également être prises en compte.
Le rôle essentiel de la retraite complémentaire Audiens
En plus de la retraite de base, les intermittents cotisent à une retraite complémentaire Agirc-Arrco, gérée par Audiens pour les professionnels du spectacle. Le principe repose sur un système de points. Au moment du départ à la retraite, ils sont convertis en pension complémentaire. Les cotisations sont partagées entre employeur et salarié, environ 60 % étant à la charge de l’employeur et 40 % du salarié. Les périodes de chômage indemnisé peuvent aussi générer des points de retraite complémentaire. Cette règle permet de limiter l’impact des périodes sans contrat, fréquentes dans le secteur culturel.
Le chômage et la continuité des droits
L’une des particularités du régime des intermittents concerne la prise en compte des périodes de chômage. Les allocations versées pendant ces périodes donnent lieu à des cotisations retraite spécifiques, ce qui permet de continuer à acquérir des droits même sans activité. Dans certaines situations, les intermittents peuvent également continuer à percevoir des allocations chômage après l’âge légal de départ, tant qu’ils n’ont pas atteint le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein. Cette possibilité existe notamment s’ils justifient d’un volume d’heures de travail important dans la profession et d’au moins 100 trimestres validés. Dès que la retraite est liquidée, le versement des allocations chômage cesse automatiquement.
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